Commencer par essayer de comprendre

Souvenez-vous de ceci: même si votre voisin est complètement dans l’erreur, il ne croit pas se tromper.

  • Ne le condamnez pas; le premier sot venu peut condamner.
  • Essayez plutôt de le comprendre. C’est là le fait des êtres sages, tolérants et peut-être même exceptionnels.
  • Pour penser et pour agir comme il le fait, votre voisin a sans doute ses raisons.
  • Commencez par découvrir ces raisons, ce motif caché et vous connaîtrez le secret de ses actes et probablement de sa personnalité.
  • Efforcez-vous sincèrement de vous mettre à sa place. Dites-vous :
  • Quels sentiments est-ce que j’éprouve ?
  • Quelles seraient mes réactions si j’étais à sa place ?

En adoptant cette attitude, vous épargnez votre temps et vos nerfs. Chose non négligeable, en outre, vous vous perfectionnez considérablement dans l’art de mener les hommes.

Considérez, écrivait un psychologue, le contraste qui existe entre l’intérêt passionné que vous portez à vos propres affaires et la tiède attention que vous accordez au reste du monde. Songez bien que tous les hommes de l’univers éprouvent exactement ce que vous éprouvez.

En faisant cela, vous aurez saisi le seul fondement solide des relations interpersonnelles, à savoir que la réussite dans nos rapports avec les autres dépendent d’une compréhension profonde du point de vue de l’autre.

 

 

Montrez l’importance que vous accordez aux autres

Le docteur Gerald S. Nirenberg a écrit

Vous ne participez vraiment à une conversation que lorsque vous montrez à l’autre que vous considérez ses idées et ses sentiments comme étant aussi importants que les vôtres. En acceptant son point de vue, vous encouragez celui qui vous écoute à avoir l’esprit ouvert à vos idées.

Un de mes loisirs favoris est, je le répète, de me promener dans un parc qui s’étend non loin de ma maison. Comme les druides de l’ancienne Gaule, je vénère les chênes. Aussi étais-je navré de voir chaque année les jeunes arbres dévorés par des incendies. Ces sinistres n’étaient pas occasionnés par les fumeurs, ils étaient provoqués par des enfants qui jouaient dans les bois et cuisaient leurs repas sur un foyer entre deux pierres. Parfois le désastre atteignait des proportions alarmantes et il fallait appeler les pompiers.

Il y avait bien à la lisière du bois un écriteau menaçant d’amende ou d’emprisonnement tous les imprudents incendiaires, mais il se trouvait dans une partie peu fréquentée où les promeneurs n’avaient guère de chances de le voir, Il y avait bien aussi un gendarme à cheval chargé de surveiller les lieux, mais il négligeait ses devoirs, et les incendies continuaient.

Une fois, je courus vers un agent de police pour le prévenir que les arbres flambaient, mais il me répondit nonchalamment que « ce n’était pas son secteur ». Voyant cela, je devins moi-même l’ardent défenseur de la forêt.

Au début, quand j’apercevais un groupe de jeunes campeurs autour d’un brasier, je me hâtais vers eux, saisi de crainte pour mes chers arbres. Je leur disais qu’ils risquaient la prison, je leur ordonnais d’éteindre leur foyer; et, s’ils refusaient d’obéir, je menaçais de les faire arrêter. En somme, je donnais libre cours à mon indignation sans me préoccuper du point de vue des jeunes.

Aussi, ceux-ci s’exécutaient-ils à regret, d’un air maussade et rancunier. Et, sans doute, n’attendaient-ils que mon départ pour recommencer, avec le risque de brûler tout le parc.

 

Changement de méthode

Avec le temps, j’ai acquis une connaissance un peu plus grande des relations humaines, un peu plus de tact, une tendance plus prononcée à voir les choses du point de vue de l’autre. Aussi, quand je découvrais un groupe de garçons autour de leur feu, je m’approchais et je leur disais :

Alors, jeunes gens, on s’amuse ?… Qu’est-ce que vous faites pour dîner ?… Moi aussi, à votre âge, j’aimais faire du feu dans les bois. Et même encore un de mes loisirs favoris est, je le répète, de le faire encore maintenant… Seulement, vous savez, c’est très dangereux ici, dans le parc…

Remarquez, je sais bien que vous faites attention. Mais il y en a d’autres qui sont moins prudents. Ils viennent, voient que vous avez fait un feu, et vous imitent. Mais ils oublient de l’éteindre en partant. Le feu se communique alors aux feuilles sèches alentour, puis aux arbres. Il n’y en aura bientôt plus un seul ici, si nous n’y prenons garde… Je n’ai pas d’ordres à vous donner, et je ne veux pas vous ennuyer… Je suis content de voir que vous vous amusez.

Mais voulez-vous écarter ces feuilles mortes, tout de suite, pour éviter qu’elles ne s’enflamment. Et puis, en partant, n’oubliez pas de couvrir votre brasier de terre, beaucoup de terre. C’est entendu ? Et, la prochaine fois, mettez-vous plutôt là-bas, dans la carrière de sable, pour faire votre cuisine. Pas de danger comme ça… Merci beaucoup. Amusez-vous bien!

Quelle différence de résultat avec la première manière! Les campeurs s’empressaient de me satisfaire, sans bouder ni rechigner. On ne les obligeait pas à obéir. Ils collaboraient avec moi, ils agissaient de leur propre chef. Tout le monde était satisfait parce que j’avais su prendre en considération leur point de vue.