L’instinct de compétition

Charles Schwab, bras droit d’Andrew Carnegie, le roi de l’acier, avait un chef d’atelier dont les ouvriers produisaient moins que la norme. Comment se fait-il, lui dit Schwab, qu’un homme aussi capable que vous ne puisse obtenir un meilleur rendement de ses employés ?

  • Je ne sais pas, répondit l’autre. Je les ai tour à tour encouragés, stimulés, maudits et menacés de renvoi…

Rien n’y a fait. Ceci se passait le soir, juste avant l’arrivée de l’équipe de nuit.

  • Donnez-moi un morceau de craie, dit Schwab. Combien de ‘coulées’, aujourd’hui ? demanda-t-il au chef d’atelier. Six.

Sans ajouter un mot, Schwab marqua un ‘6’ sur le sol et s’éloigna. Lorsque ceux de l’équipe de nuit se présentèrent, ils virent le chiffre et demandèrent ce que cela signifiait.

  • Le patron est venu aujourd’hui, répondirent les autres. Il nous a demandé combien de ‘coulées’ nous avons faites, nous avons répondu ‘6’, et il l’a écrit par terre.

Le lendemain matin, Schwab revint. Le ‘6’ de la veille avait été remplacé par un ‘7’. Quand l’équipe de jour arriva, elle vit le ‘7’. Ainsi, les copains de la nuit se croyaient plus forts qu’eux ! C’est ce qu’on allait voir !

Ils se mirent à l’ouvrage avec ardeur et, la journée finie, ils laissèrent derrière eux un ‘10’ énorme et fanfaron. Les choses allaient de mieux en mieux…

Bientôt la production de cet atelier, qui avait été jusqu’alors la plus faible de toute l’usine, passa au premier rang.

Moralité. La voici, exprimée par Charles Schwab lui-même :

Pour obtenir des résultats, stimulez la compétition, non par l’appât du gain, mais par une émulation plus noble, le désir de mieux faire, de surpasser les autres et de se surpasser. Le désir d’exceller ! Le défi à relever ! C’est ce qui attire infailliblement les personnes de caractère.

 

 

La fierté fonctionne également

Sans une provocation de ce genre, Théodore Roosevelt ne serait jamais devenu président des Etats-Unis.
A peine revenu de Cuba, où il avait remporté sur les Espagnols Une victoire triomphale, le ‘Rough Rider’, le Cavalier Sans Peur, fut désigné comme candidat au poste de gouverneur de New York.

Mais ses adversaires découvrirent qu’il n’était plus résident légal de cet Etat et Roosevelt, effrayé, voulut se désister. C’est alors que le sénateur Thomas Collier Platt le défia, en criant d’une voix vibrante, en pleine séance :

  • Le héros du mont San Juan serait-il devenu lâche ?

Roosevelt releva le défi… Le reste appartient à l’histoire. Non Seulement ce défi transforma sa vie, mais il eut des répercussions nationales et internationales.

 

 

La devise de la garde royale dans la Grèce antique

Tous les hommes ont peur. Les braves font taire leur peur, avançant parfois vers la mort, mais toujours vers la victoire.

Quel plus grand défi peut être offert que l’occasion de surmonter la peur ?

Au temps où Al Smith était gouverneur de New York le célèbre pénitencier de Sing Sing se trouva momentanément privé de directeur. Il y avait eu des scandales, des abus… Bref, il fallait là-dedans un homme à poigne, un homme d’acier. Mais qui ?… Al Smith fit appeler Lewis E. Lawes, de la prison de New Hampton.

Quand celui-ci fut devant lui, il lui demanda :

  • Eh bien que diriez-vous de prendre la direction de Sing Sing ? Il faut là-bas un homme capable.

Lawes, interdit, ne savait que répondre. Il connaissait les dangers de Sing Sing, l’instabilité d’un poste soumis aux fantaisies des politiciens. A Sing Sing, les directeurs ne durent jamais bien longtemps. L’un d’eux n’était resté que trois semaines. Lawes avait une carrière à ménager. Fallait-il prendre un tel risque? Alors, Smith, se rendant compte de son hésitation, se renversa dans son fauteuil en souriant et dit :

  • Jeune homme, je comprends que vous ayez peur. C’est un poste très dur. Et seul un as peut tenir le coup à Sing Sing.

Tiens! Smith le mettait au défi. Lawes fut immédiatement séduit par l’idée d’entreprendre une tâche digne d’un as.
Il partit pour Sing Sing, et il y resta. Sa carrière fut brillante. Il écrivit un livre : Vingt mille ans à Sing Sing, qui connut un immense succès, et il fit de nombreuses conférences à la radio sur la vie des prisons. Ses méthodes d’humanisation des criminels ont amené chez les détenus des transformations étonnantes.

 

 

La motivation essentielle

Frederick Herzberg, l’un des grands spécialistes du comportement, est d’accord sur ce point. Il a étudié en détail les comportements professionnels de milliers de personnes, de l’ouvrier d’usine aux cadres de direction. Quelle est la motivation essentielle qui pousse les gens à travailler ?

  • L’argent ?
  • Les bonnes conditions de travail ?
  • Les avantages sociaux ?

Non. La motivation essentielle, c’est le travail lui-même. Si le travail est passionnant, l’homme est motivé pour le faire bien.

Harvey Firestone, fondateur de la grande marque de pneumatiques, disait :

J’ai constaté que l’argent seul n’a jamais suffi à faire agir les hommes de valeur. Ce qui les tente, c’est le risque, la lutte, la possibilité de vaincre, de se dépasser. Toutes les compétitions n’ont pas d’autre mobile que celui-là : le désir d’exceller et d’affirmer son importance.

 

PRINCIPE 21 : Lancez un défi