Les prescriptions ou ordres

Émis depuis le Parent critique ou nourricier des parents, les ordres ou les prescriptions indiquent à l’enfant la manière de construire sa vie pour s’adapter à leurs exigences. Ils sont généralement verbaux et constituent la base de ce que Steiner appelle le « contre-scénario ».

Ce dernier peut être considéré comme l’inverse du scénario puisqu’on y prescrit en général des comportements opposés à ceux qui sont adoptés dans le scénario. Par exemple, dans le cas d’un alcoolique chez qui alternent les périodes de « cuite » et de rémission, le contre-scénario suit le scénario, s’accompagnant en général de sentiments d’obligations, de devoir moral (« c’est vraiment affreux de boire, je jure que je ne recommencerai plus »).

Au contraire, suivre son scénario permet une grande satisfaction, même si elle se paie chèrement et au prix fort (drogue, alcool, etc.).

Ces messages :

  • qui limitent, stérilisent (Parent Critique –), mais aussi stipulent les droits et devoirs de l’enfant (Parent Critique +) ;
  • qui freinent son autonomie, le « surprotègent » (Parent Nourricier –), mais aussi le conseillent et le rassurent (Parent Nourricier +) ;

et qui peuvent être extrêmement variés, ont cependant été regroupés en cinq catégories (mises en évidence par Taibi Kahler) : sois parfait ; sois fort ; presse-toi ; acharne-toi, fais des efforts ou essaie, essaie encore ; fais plaisir. Ce sont ceux que nous avons passé en revue dans mon précédent article.

 

Le programme ou modèle technique

L’être humain réalise en fait toujours les choses pour quelqu’un d’autre, et en particulier pour ses parents : c’est, précisément ce qui fonde l’idée du scénario. En ce sens on peut dire, selon le mécanisme de l’identification œdipienne, que c’est la mère qui dit au garçon ce qu’il doit faire, tandis que son père lui dit comment y parvenir en lui donnant le programme (le processus est inversé pour la fille).

Le phénomène se passe le plus souvent lorsque le petit garçon remarque l’attention soutenue avec laquelle la mère écoute son mari lui raconter ses exploits professionnels ou autres. On peut résumer le programme en disant qu’il répond à la question : comment faire ?

 

La matrice du scénario

Mise au point par Steiner, la matrice est un diagramme ou schéma permettant de rendre compte de façon lisible et concrète de tous les éléments d’un scénario.

Exemple : le père interdit ou déconseille formellement à son fils de choisir la même profession que lui, car elle est trop astreignante, mais il lui donne implicitement l’exemple inverse en rentrant tous les soirs après 21 h, montrant par là qu’elle est intéressante.

C’est l’enfant qui reçoit les messages contraignants ou prescriptions des parents : « Allez, continue ! essaie d’avoir une meilleure note en maths la prochaine fois. »

C’est le Moi « Petit Professeur », qui prend la décision en faisant en sorte de tenir compte à la fois des directives et des interdictions des parents et de ses désirs et de ses envies propres. Par exemple, dans l’exemple choisi ci-dessus, il pourra décider de choisir une autre profession que celle de son père, mais finalement il se surmènera tout autant que lui.