Continuons les présupposés de la PNL

« On ne peut pas ne pas communiquer » est l’un des grands axiomes de la communication, défini par Paul Watzlawick. (Théoricien de la communication et du constructivisme radical, membre fondateur de l’École de Palo Alto. Après des études de philosophie et des langues modernes, il a suivi une formation d’analyste au Jung-Institut de Zurich en Suisse. Psychologue, psychothérapeute, psychanalyste jungien et sociologue, ses travaux ont porté sur la thérapie familiale et la psychothérapie générale).

La double négation de « On ne peut pas ne pas communiquer » signifie qu’il n’est pas possible de ne pas communiquer et même que l’on est obligé de communiquer.

Sigmund FREUD disait : « Aucun mortel ne peut garder un secret, si les lèvres sont silencieuses, ce sont les doigts qui parlent. »

Analysons de plus près ce qu’implique ce principe dans nos problèmes de communication au quotidien ! « On ne peut pas ne pas communiquer », implique l’impossibilité de ne pas communiquer ou l’obligation de communiquer. Dans vos actes, tout a valeur de message, que ce soit un soupir, un regard parfois, une intonation dans la voix… Tous ces actes donnent un sens à votre communication, même si ne prononcez aucune parole, votre langage non verbal est tout aussi important que votre langage verbal.

Il n’existe pas de non-comportement

Tous vos comportements ont une signification qui pourra être interprétée par votre interlocuteur. Il n’existe pas de « non-comportement », le comportement n’a pas de contraire.

  • Votre collègue est seul attablé devant un café, le regard plongé dans sa tasse. Son expression, l’évitement du regard des autres peuvent indiquer qu’il a envie qu’on le laisse tranquille. Manifestement, il a envie d’être seul.
  • Vous êtes à un rendez-vous, votre interlocuteur vous affirme que ce que vous dites l’intéresse mais dès que vous tournez les yeux, il regarde sa montre. Il serait peut-être bon de lui demander s’il ne vaudrait pas mieux reporter cette rencontre à un moment où il sera plus disponible.

Dans ces deux exemples, il s’agit de communication non verbale. Pas besoin de parler, vos actes en disent plus sur vos pensées que vos paroles. En cas de conflit entre le message verbal et le non verbal, c’est toujours le non verbal qu’il faudra suivre.

« On ne peut pas ne pas communiquer », n’est pas qu’une théorie, cet axiome a pu aider les psychologues et médecins à comprendre certaines maladies comme la schizophrénie. Paul Watzlawick disait d’ailleurs : « Ces malades font comme s’ils s’efforçaient de dénier qu’ils communiquent ».

Il y a toujours une partie de vous qui donne des informations

IMPORTANT :  Gardez à l’esprit qu’on ne peut pas ne pas communiquer. Quoique vous fassiez, il y aura toujours une partie de vous-même qui communiquera.

Dans votre quotidien, il est parfois légitime de ne pas avoir envie de communiquer.

  • Parce qu’on se retrouve assis dans une salle d’attente à côté d’un inconnu qui ne nous plait pas (rappelez-vous les types psychologiques).
  • Parce qu’on a eu une journée éreintante et qu’on est fatigué.
  • Parce que nos pensées sont ailleurs ou qu’on n’a pas le temps.Les problèmes de communication sur la non-communication peuvent être évités, par différentes techniques que nous allons aborder tout de suite. La prise de conscience de ces échappatoires vous permettra d’avoir du recul sur votre communication.

Dans les relations interpersonnelles il existe quelques solutions à ce problème de (non) communication mais elles sont limitées. Paul Watzlawick les résume ainsi :

  • Le rejet de la communication
  • L’acceptation de la communication
  • L’annulation de la communication
  • Le symptôme comme non communication

 

Le rejet de la communication

C’est la situation la plus radicale mais pas toujours la plus facile à adopter : Il suffit de faire comprendre à l’autre que vous ne souhaitez pas discuter et que sa conversation ne vous intéresse pas. Le défaut, c’est que la plupart du temps, c’est plus facile à dire qu’à faire. Nous vivons dans un monde régi par un ensemble de règles de bienséance et ce type d’attitude risque souvent d’être mal interprété.

L’acceptation de la communication

Si vous n’arrivez pas à la rejeter, vous en arrivez souvent à céder à la conversation. Votre instinct premier vous amènera à vous limiter au strict minimum (disons la politesse élémentaire), pour éviter que la conversation ne rebondisse.

Mais… Il est rare que votre interlocuteur souhaite en rester là et vous savez que dans ce cas de figure plus vous en direz, plus il vous sera difficile de pouvoir vous arrêter. Les militaires l’ont bien compris en donnant cette consigne : « Si vous êtes fait prisonnier, ne donnez que votre nom, votre grade et votre numéro de matricule ».

Lorsque vous commencez à répondre, vous vous apercevez vite qu’il de plus en plus difficile de s’arrêter. C’est une des techniques utilisées par les spécialistes du « lavage de cerveau ».

L’annulation de la communication

Cette méthode va consister à forcer votre interlocuteur à s’arrêter de lui-même en frappant de nullité votre propre communication ou la sienne. Nous avons vu qu’on ne peut pas ne pas communiquer. Nous allons donc adopter une stratégie en mettant en place une autre manière de communiquer qui annulera la sienne.

Voici quelques exemples de communication possibles dans ce cas :

  • Les contradictions, les incohérences…
  • Laisser vos phrases inachevées ou incomplètes…
  • Changer brusquement de sujets, sauter du coq à l’âne…
  • Provoquer des malentendus…
  • Adopter un jargon ou un style de communication obscur…
  • Parler tout doucement (surtout s’il parle vite et fort) ou avoir un style opposé au sien…

Le symptôme comme non communication

Nous venons de voir qu’il est possible de refuser consciemment de communiquer en adoptant différentes stratégies : le refus, l’acceptation contrôlée ou l’incohérence communicationnelle. Il existe encore une autre possibilité qui vous permettra de bien vous en tirer.

Il suffit que vous soyez persuadé que vous ne pouvez pas communiquer parce que quelque chose d’extérieur vous en empêche. Vous pouvez avoir mal à la tête, mal aux dents… votre éducation ne vous permet pas de parler à tout le monde…
C’est grâce à ce phénomène extérieur et parce que vous êtes persuadé qu’il est réel, que vous ne pouvez pas communiquer. Il s’agit presque d’une auto-persuasion, un peu comme la méthode Coué.