Une histoire de sécurité

George B. Johnston, de Enid, Oklahoma, chargé de la sécurité dans une entreprise de mécanique, doit veiller à ce que les employés portent un casque de protection. Autrefois, lorsqu’il rencontrait des ouvriers nu-tête, il leur ordonnait de se plier au règlement sur un ton qui n’admettait pas la réplique. On s’exécute à contrecœur et, dès qu’il avait le dos tourné, on retirait son casque. Il décide donc de changer sa façon de faire. Lorsque l’occasion se représente, il demande si le casque n’est pas de la bonne taille… Il Rappelle alors sur un ton volontairement aimable que le casque est conçu pour éviter les accidents, et suggère de toujours le porter pendant le travail. Depuis, c’est sans rechigner que les ouvriers se conforment au règlement.

 

Le coupable qui blâme tout le monde, sauf lui-même

Ainsi, voyez le scandale du pétrole à Teapot Dome

scandale du pétrolePendant Plusieurs années, les journaux ont frémi d’indignation. Jamais de mémoire d’homme, on n’avait vu pareille chose en Amérique.

Hollywood refuserait un tel scénario pour invraisemblance. Et, pourtant, c’est bien pour et par le pétrole que le sénateur de l’Ohio, Warren Harding, devint, en novembre 1920, le 29e président américain au service d’une bande de millionnaires voyous.

Après la première guerre mondiale, la consommation et les prix du pétrole ont bondi et les pétroliers sont à bout de nerfs de ne pouvoir accéder au pactole que recèle le sous-sol américain, car l’administration démocrate du président Woodrow Wilson refuse toutes leurs demandes de concessions pétrolières.

Voici Les faits : Albert Fall, ministre de l’Intérieur sous le gouvernement du président Harding, fut chargé de louer les terrains pétrolifères du gouvernement à Elk Hill et à Teapot Dome, terrains destinés ultérieurement à l’usage de la marine. Au lieu de procéder par voie d’adjudication, Fall remis directement l’opulent contrat à son ami Edward Doheny. Et que fit à son tour Doheny ? Il donna au ministre Fall ce qu’il lui plaît d’appeler « un prêt » de cent mille dollars. Ensuite, Fall expédia un détachement de soldats américains dans cette région pétrolifère pour en chasser les concurrents dont les puits adjacents tiraient le pétrole des réserves de Elk Hill. Ces concurrents se ruèrent devant les tribunaux et firent éclater le scandale du Teapot Dome ». Le scandale ainsi révélé ruina l’administration de Harding, écœura une nation entière, faillit briser le parti républicain et amena Albert B. Fall derrière les barreaux d’une prison. Fall fut condamné sévèrement.

 

Montra-t-il du repentir?

Nullement! Quelques années plus tard, Herbert Hoover insinuait, dans un discours, que la mort du président Harding était due à l’angoisse et au tourment qu’il avait soufferts à cause de la trahison d’un ami. Quand Mme Fall entendit cela, elle bondit d’indignation, pleura, se tordit les mains, maudit la destinée et cria:

« Quoi ! Harding trahi par Fall ? Non! Non! Mon mari n’a jamais trahi personne. Cette maison toute pleine d’or ne suffirait pas à le tenter! C’est lui qu’on a trahi et mis au pilori! »

Vous voyez ! Voilà une manifestation typique de la nature humaine: le coupable qui blâme tout le monde, sauf lui-même.

Mais nous sommes tous ainsi faits. Aussi, lorsque demain nous serons tentés de critiquer quelqu’un, rappelons-nous Al Capone, « Two-Gun» Crowley et Albert Fall.

Sachez bien que la critique est comme le pigeon voyageur: elle revient toujours à son point de départ. Disons-nous que la personne que nous désirons blâmer et corriger fera tout pour se justifier et nous condamnera en retour.

Ou bien, comme tant d’autres, elle s’exclame: « Je ne vois pas comment j’aurais pu agir autrement ».