Il avait raison mais… il en est mort

Un journal de Boston reproduisait, un jour, cette amusante épitaphe en vers libres :

Ci-gît, dans son bon droit, William Jay qui traversa la rue, ayant priorité. Mais il n’est pas moins mort que s’il avait eu tort.

Hé oui ! Vous avez raison, cent fois raison, et vous vous acharnez à démontrer que vous avez raison. Pour ce qui est de modifier l’opinion de votre adversaire, vos efforts seront aussi vains que si vous aviez tort !
Ecoutez l’histoire de M. Frederick Parsons, conseiller fiscal, qui était allé voir l’inspecteur des impôts au sujet d’une erreur. On avait taxé une somme importante qui, assurait M. Parsons, n’avait jamais été encaissée, et ne le serait jamais, car le débiteur était insolvable.

  • Je ne veux pas le savoir, rétorqua froidement le percepteur, ce revenu est indiqué, il doit être imposé.

Nous avons discuté pendant une heure, nous confia M. Parsons. L’inspecteur était cassant, buté. Ni les preuves ni la logique réussissait à le convaincre. Plus nous discutions, plus il s’entêtait… Je résolus alors de changer de tactique et de le mettre en valeur. Je lui dis :

  • Je suppose, évidemment, que ce cas n’a pas grande importance, comparé aux décisions importantes et difficiles que vous êtes amené à prendre. J’ai moi-même quelque peu étudié les questions fiscales. Cela m’intéresse beaucoup… Seulement, moi, évidemment, j’ai dû étudier dans les livres, tandis que vous, vous avez acquis votre expérience face à face avec les hommes… en première ligne, si j’ose dire. Je souhaiterais parfois avoir un rôle comme le vôtre. J’apprendrais beaucoup.

En disant cela, remarquez-le bien, j’étais profondément sincère. L’inspecteur se redressa dans son fauteuil et se mit à me parler de lui, de son métier, il cita certaines fraudes astucieuses qu’il avait découvertes. Son attitude devint de plus en plus cordiale, et bientôt il me parla de ses enfants. En me quittant, il m’annonça qu’il allait réviser mon cas et qu’il me ferait sous peu connaître sa décision.

Trois jours plus tard, il m’informait que, conformément à ma demande, il m’exemptait d’impôts sur le chapitre en question.

Cet inspecteur incarnait une caractéristique humaine flagrante, il désirait être important. Tant que le contribuable s’opposait à lui, il lui faisait valoir haut et fort son autorité. Mais quand l’argumentation s’arrêtait et qu’il pouvait exprimer son moi, il se montrait aimable et sympathique.

 

 

Ce n’est jamais la haine qui met fin à la haine, c’est l’amour

La citation est de Bouddha. Un malentendu n’est pas dissipé par une discussion, mais par le tact, la diplomatie, l’esprit de conciliation et par le désir généreux de considérer le point de vue de l’autre.
Lincoln, un jour, réprimande un jeune officier qui était plongé dans une violente dispute avec un de ses camarades. Il lui dit :

L’homme qui veut se perfectionner et s’élever n’a pas de temps à perdre en querelles personnelles. Elles aigrissent son caractère et lui font perdre la maîtrise de lui-même. Ne craignez pas de faire quelques concessions. Mieux vaut abandonner le chemin à un chien que d’être mordu en lui disputant le passage. Car même tuer le chien n’enlèvera pas la morsure.

Un article de Bits and pièces émet des suggestions pour qu’un différend ne se transforme pas en dispute: Réservez bon accueil au différend. Souvenez-vous de la devise :

Quand deux partenaires sont toujours d’accord, l’un des deux n’est pas nécessaire.

S’il y a un point auquel vous n’avez pas pensé, soyez reconnaissant qu’on l’ait porté à votre attention. Ce différend est peut-être pour vous l’occasion d’une révision qui vous évitera de commettre une grave erreur.

  • Ne cédez pas à votre première impulsion. Notre première réaction dans une situation désagréable est une réaction de défense. Faites attention.
  • Restez calme, surveillez-vous, car il se peut que votre première réaction ne vous soit pas dictée par le meilleur de vous-même.
  • Maîtrisez votre colère. Souvenez-vous qu’on juge une personne sur ce qui peut la mettre en colère.
  • Commencez par écouter.
  • Laissez à vos antagonistes la possibilité de s’exprimer.
  • Laissez-les parler à loisir.
  • N’exposez pas de résistance, ne vous défendez pas, ne discutez pas, car c’est cette réaction qui crée les barrières.
  • Essayez plutôt de construire le pont de la compréhension.
  • N’élevez pas les murs de la mésentente, cherchez des terrains d’entente.
  • Quand vous avez écouté vos antagonistes jusqu’au bout, arrêtez votre pensée sur les points et les zones d’entente possibles.
  • Soyez honnête. Cherchez des points sur lesquels il se peut que vous ayez tort et admettez-les.
  • Excusez-vous pour vos erreurs. Cela aidera à désarmer vos adversaires et à réduire leur attitude défensive.

 

 

Étudiez, avec soin, les avis des autres

Promettez de réfléchir aux idées de vos antagonistes, de les étudier avec soin. Et faites-le. Il se peut que vos antagonistes avaient raison. Il est beaucoup plus facile à ce stade d’accepter de réfléchir à leurs propositions que de foncer, et de vous retrouver ensuite dans une position qui permette à vos adversaires de vous faire remarquer : Nous avons essayé de vous le dire mais vous avez refusé d’écouter.

  • Remerciez sincèrement vos adversaires pour leur intérêt. Toute personne qui prend le temps de ne pas être d’accord avec vous s’intéresse aux mêmes choses que vous.
  • Pensez à vos contradicteurs en tant que personnes désirant réellement vous aider, et il se peut que vous vous en fassiez des amis.
  • Ajournez votre action pour laisser aux deux parties en présence le temps d’examiner en détail le problème.
  • Suggérez qu’une nouvelle réunion soit tenue plus tard dans la journée, ou le lendemain, pour que tous les faits soient réunis.

Pour préparer cette réunion, posez-vous les questions suivantes :

  • Se pourrait-il que mes adversaires aient raison? Ou en partie raison ?
  • Y a-t-il une part de vérité dans leur argumentation ?
  • Ma Réaction va-t-elle résoudre le problème ou ai-je simplement envie de me débarrasser d’une frustration ?
  • Ma réaction va-t-elle éloigner mes adversaires ou au contraire les rapprocher de moi ?
  • Va-t-elle rehausser l’estime que les gens ont pour moi ?
  • Vais-je gagner ou perdre ?
  • Quel prix devrai-je payer si je gagne ?
  • Si je reste discret, le désaccord va-t-il se dissiper ?
  • Est-ce que cette situation difficile est une occasion pour moi de progresser ?

Le ténor Jan Peerce, au bout de cinquante ans de mariage, dit un jour : Ma femme et moi avons conclu un pacte, il y a longtemps, et nous ne l’avons jamais rompu, quelle que soit l’intensité de notre colère.

Quand l’un de nous hurle, l’autre est tenu d’écouter, parce que lorsque deux personnes parlent en même temps, il n’y a pas de communication possible, sinon du bruit et des vibrations négatives.

 

PRINCIPE 10 : Éviter les controverses est le seul moyen d’en sortir vainqueur