En Analyse Transactionnelle, qu’est-ce qu’un jeu ?

En Analyse Transactionnelle, on appelle « jeux psychologiques », « une série de transactions cachées avec un point faible aboutissant à un bénéfice généralement bien caché mais bien défini ». Je sais, ça à l’air compliqué dit comme ça mais imaginons, pour mieux comprendre :

Un vieux couple se promène… comme presque chaque jour

  • Lui : Tu ne trouves pas qu’il fait un peu frisquet !
  • Elle : Tu vois, je te l’avais bien dit de ne pas sortir sans ton manteau !
  • Lui : Mais de quoi je me mêle, occupe-toi plutôt de tes affaires !
  • Elle : T’as vu comment tu me traites. Ah ! Je suis bien récompensée de m’inquiéter pour ta santé…

Analysons de plus près ce qui vient de se passer dans cet exemple :

  • « Lui » commence par une transaction à double fond. En réalité, il se moque totalement du froid qui l’indiffère, il souhaite juste « s’arrêter dans un café » pour profiter de la vie avec sa femme.
  • « Elle », ne comprend pas ou fait semblant de ne pas comprendre, ce qui se produit souvent chez les vieux couples. Elle interprète donc, au niveau social et au premier degré, ce qui était, en fait, un message psychologique caché.

Et elle en rajoute, non contente de ne pas comprendre (ou de faire celle qui ne comprend pas), elle renforce sa réponse erronée d’un comportement qui doit l’habiter depuis très longtemps, de « mère poule » qui, précisément, étouffe et énerve son mari.

 

Quel peut être le bénéfice d’un tel jeu ?

Voilà, nous venons de résumer en quelques lignes, quels sont leurs « points faibles ».

Quant au « bénéfice », me direz-vous. Eh bien, le bénéfice est évidemment négatif, puisqu’ils ont décidé de jouer un jeu simple mais… pervers. Il s’agit pour chacun, dans cet exemple, d’accumuler un maximum de mauvais points (sentiments) contre l’autre.

C’est ce qu’on appelle un jeu mais pas dans le sens normal de l’acceptation du terme, ici, nous sommes dans un jeu très spécial qui consiste à passer son temps le plus désagréablement possible.
Ça vous semble extraordinaire, détrompez-vous, la plupart des habitants de cette planète passent leur temps à jouer de cette manière. Réfléchissez bien et vous verrez que vous aussi.

 

Karpmann et le triangle dramatique

En entreprise, nous parlerons plutôt de « jeux de manipulations », en particulier du triangle dramatique ou triangle de Karpmann.
Dans ce jeu, les trois rôles du Triangle de Karpman ou dramatique ne sont pas à confondre avec des personnages. En effet, chacun des acteurs peut régulièrement changer de rôles. Les trois rôles interagissent pour créer la relation dramatique illustrée par un Triangle :

  • Le Persécuteur
  • Le Sauveteur
  • La Victime

Par convention, des majuscules différencient ces termes des mots du langage de tous les jours, pour ne pas créer une confusion avec des victimes, des sauveteurs et des persécuteurs occasionnels, et bien réels.

Par extension, les rôles du Triangle de Karpman ou Dramatique peuvent aussi faire référence à des personnes qui semblent rechercher ces positions de façon régulière et existentielle (même si leur motivation est inconsciente). Ce sont alors des rôles récurrents dont les enjeux psychologiques voire existentiels dépassent largement le cadre d’un incident fortuit ou d’une situation exceptionnelle.

Partons de l’histoire d’Henri, responsable d’un service et de son assistante Françoise :

  • Henri : Ça ne va pas du tout. Je ne sais pas sur qui je peux compter. Personne n’utilise son agenda électronique.
  • Françoise : C’est vrai, vous pourriez aborder le problème au cours de la prochaine réunion.
  • Henri : Oui, c’est une idée. Mais je n’aurais pas le temps et puis ce n’est pas prévu à l’ordre du jour.
  • Françoise : Je pourrais envoyer une note à chacun.
  • Henri : Ça ne marchera pas.
  • Françoise : Sauf si c’est vous qui écrivez la note.
  • Henri : Ce ne sont pas des enfants. Je ne vais pas leur répéter ce qu’ils doivent faire.

Sur ces derniers mots, Henri quitte le bureau en colère. Françoise reprend son travail où elle l’avait laissé mais elle a perdu toute son énergie.

Que s’est-il vraiment passé ? C’est ce que nous verrons dans mon prochain article