Les trois grandes formes de sentiments

En Analyse Transactionnelle, on se sert principalement de trois grandes formes de sentiments :

Les sentiments accumulés

Certains les appellent des « timbres ». Depuis votre naissance, vous vivez des transactions en permanence et vous en éprouvez des sentiments qui peuvent aller dans les deux sens : soit positifs, soit négatifs. Ce qui va impliquer que tout au long de votre vie, vous accumulez des sentiments. La dénomination « timbres » provient de la comparaison avec le système des timbres épargne utilisés dans le commerce. Ne soyez pas étonné si vous trouvez d’autres dénominations que « timbres »,  par exemple les « bons cadeaux », l’Analyse Transactionnelle est assez ouverte et utilise beaucoup d’expressions imagées, l’essentiel reste de bien comprendre de quoi on parle.

 

Les sentiments substitués ou parasités, dénommés « rackets ».

Que l’on utilisera lorsqu’un sentiment se substitue à un autre, qu’une habitude ou qu’une réaction s’efface pour donner la place à une autre plus convenable ou plus adaptée à la situation, on parle à ce moment-là de sentiments parasités ou « rackets ». Les racketteurs assurent certains commerçants de leur protection moyennant une forte somme d’argent. Il est évident que si ils ont le malheur de refuser cette protection, ça va très mal se passer pour eux. Par exemple, le lendemain, ils retrouvent leur outil de travail incendié ou leur vitrine défoncée. Les racketteurs promettent leur protection, alors que le véritable danger, c’est eux. Il en est de même des sentiments rackets : ils sont utilisés pour protéger, alors qu’en réalité, ce sont eux le véritable danger.

 

Les sentiments réactivés, appelés le plus souvent « élastiques ».

Pour finir, lorsqu’un stimulus interne ou externe, une occasion spéciale, un sentiment éprouvé maintenant déclenche une sorte de déclic et rappelle un vieux ressenti enfoui dans votre mémoire, on utilise le terme d’« élastique ».
Rassurez-vous, cette partie est très importante et nous y reviendrons longuement avec de nombreux exemples concrets. Pour l’instant, il est important que vous sachiez que ces différents sentiments existent.

 

Pas de sentiments programmés à la naissance

Les enfants ne viennent pas au monde avec des sentiments programmés envers les autres, mais ils apprennent très vite à partir des exemples qui les entourent. Leurs parents pour commencer qui leur montre dans leurs attitudes, les types de sentiments qu’ils doivent exprimer suivant les situations ou face aux personnes auxquelles ils sont confrontés. C’est ainsi que l’enfant s’adapte en ressentant les émotions qui lui semblent autorisées puisqu’il y est régulièrement confronté.

 

Faites particulièrement attention au racket

Nous pouvons considérer le racket comme un sentiment appris, ce n’est pas un sentiment authentique. Il est utilisé pour s’adapter et pour préserver intact l’amour des autres, en particulier, l’amour des proches. C’est un sentiment inauthentique, mais qui procure un sentiment de plaisir et beaucoup de satisfactions, en particulier, la satisfaction de se voir reconnu par ses parents.
Appris depuis le plus jeune âge, c’est un sentiment qui finit par devenir, comme le dit Berne lui-même
Une façon de s’octroyer des satisfactions par des sentiments de culpabilité, d’incapacité, de blessure, de peur et d’irritation.
Lorsqu’on se sert de ce sentiment, il est facile de voir qu’au bout du compte le bénéfice final du « jeu » est négatif. Et, à quoi ça sert de se fatiguer pour obtenir un bénéfice final négatif ? A la fin du jeu, celui-ci nous laisse bien souvent une impression de malaise et d’insatisfaction – impression rendue inévitable par l’inauthenticité du sentiment.
Qu’il soit de la manipulation de soi ou d’autrui, le racket a pour fonction essentielle, en accumulant les anciens sentiments et en leur permettant d’émerger de nouveau dans la situation présente, de protéger l’individu des risques de la vraie rencontre (intimité) et de le maintenir accroché aux sentiments répétitifs qui lui apportaient la sécurité dans le passé.

 

Les jeux psychologiques

En analyse transactionnelle, on a pour habitude d’établir une première classification des jeux selon le degré d’intensité avec lequel on joue, on distingue assez clairement trois niveaux :

  • Niveau 1 – On va le définir comme socialement acceptable dans le milieu dans lequel évolue le joueur. A ce niveau, le dommage subi est simple, il va se situer au niveau des sentiments parasites.
  • Niveau 2 – Celui-ci se passe plutôt à « guichet fermé ». Bien qu’il ne provoque rien d’irrémédiable, les joueurs préfèrent cacher ce jeu au public. Ce seront des jeux conjugaux ou certains jeux vitaux, A ce niveau, le jeu marque déjà plus les participants. La plupart du temps, ils se situent au niveau des positions de vie que nous allons étudier prochainement.
  • Niveau 3 – Là, je dirais presque qu’on ne joue plus ! En réalité, il se joue pour de bon et vous pouvez être sûr que ça va très mal se terminer. En général ça s’achève à la clinique, au tribunal et dans certains cas extrêmes à la morgue. A ce niveau, la marque sera indélébile.