Les intelligences multiples

Nous venons de voir que la carte du monde de chacun dépend en grande partie de nos croyances individuelles et de notre manière de percevoir le monde à travers les représentations que nous nous en faisons (VAKOG, voir mes articles précédents)
Selon notre éducation et notre environnement, nous développons tous des préférences, desquelles découleront des aptitudes accrues pour un certain type « d’intelligence ». Howard Gardner qui a beaucoup travaillé sur le sujet notamment dans le milieu de l’éducation en distinguait huit. Il est évident que vous devrez vous adapter au type d’intelligence de votre interlocuteur avant de commencer à communiquer avec lui. Rassurez-vous, les outils pour le faire arrivent bientôt.
Mais avant d’entrevoir l’utilisation d’outils, encore faut-il assimiler les bases, nous allons donc passer en revue ces huit types d’intelligence.

Cette série d’articles s’inspire de « Intelligences multiples » de Howard Gardner et de la revue « Educational Leadership », ainsi que des travaux de Pierrette Boudreau et de Ginette Grenier

 

L’intelligence linguistique

L’intelligence linguistique (ou verbale) consiste à utiliser le langage pour comprendre les autres et pour exprimer ce que l’on pense. Tout comme l’intelligence logico-mathématique, on la mesure dans les tests de QI. Elle permet l’utilisation de la langue maternelle, mais aussi d’autres langues. C’est aussi l’intelligence des sons, car les mots sont des ensembles de sons. Les personnes auditives ont ainsi beaucoup plus de facilité à entendre des mots que de voir et retenir des images.
Tous les individus qui manipulent le langage à l’écrit ou à l’oral utilisent l’intelligence linguistique : orateurs, avocats, poètes, écrivains, mais aussi les personnes qui ont à lire et à parler dans leur domaine respectif pour résoudre des problèmes, créer et comprendre.
Les individus intelligents avec les mots peuvent afficher leur intelligence linguistique de différentes façons : ils peuvent être bons en lecture et en écriture, être habiles lors de débats, de discussions ou d’exposés oraux, aimer apprendre des langues étrangères, s’intéresser à l’origine des mots, etc… Ils prennent facilement la parole ou la plume, racontent des histoires ou des faits en ayant recours à un riche vocabulaire.
Les occupations suivantes font appel à l’intelligence linguistique : écrivain, comédien, journaliste, avocat, professeur de langues, vendeur, secrétaire, recherchiste, standardiste téléphonique, traducteur.

 

L’intelligence logico-mathématique

L’intelligence logico-mathématique, aussi appelée l’intelligence des chiffres, est souvent, de concert avec l’intelligence linguistique, associée au quotient intellectuel. Les individus peuvent démontrer cette forme d’intelligence de différentes façons; ils peuvent être bons en calcul, avec le traitement de données, l’émission d’hypothèses, la mise en séquence, l’analyse, l’évaluation, la synthèse, le raisonnement logique. Les personnes qui utilisent cette forme d’intelligence pensent en nombres, en symboles abstraits, en algorithmes, en séquences logiques. Ils apprennent souvent mieux lorsqu’ils font appel à la logique, aux nombres ou au traitement mathématique.
Les chercheurs et chercheuses en biologie, en informatique, en médecine, en science pure ou en mathématique font preuve d’intelligence logico-mathématique. Ils utilisent les capacités intellectuelles qui y sont rattachées, soient la logique, l’analyse, l’observation, la résolution de problèmes. Cette forme d’intelligence permet l’analyse des causes et des conséquences d’un
phénomène, l’émission d’hypothèses complexes, la compréhension des principes pas toujours évidents derrière un phénomène, la manipulation des nombres, l’exécution des opérations mathématiques et l’interprétation des quantités.
Il existe une dimension non-verbale et abstraite dans ce type de fonctionnement du cerveau, car des solutions peuvent être anticipées avant d’être démontrées.
Albert Einstein est représentatif de cette forme d’intelligence, ce qui lui a permis de développer la théorie de la relativité dont nous connaissons la formule E = mc² et qui traduit l’équivalence masse et énergie.

 

L’intelligence musicale

L’intelligence musicale est la capacité de penser en rythmes et en mélodies, de reconnaître des modèles musicaux, de les mémoriser, de les interpréter, d’en créer, d’être sensible à la musicalité des mots et des phrases… À l’âge de pierre, la musique jouait un rôle rassembleur. C’est d’ailleurs encore le cas dans un certain nombre de cultures. Dès la petite enfance, il existe une capacité «brute» concernant l’aspect musical.
Les individus qui sont intelligents avec la musique écoutent souvent de la musique, ils savent l’apprécier et comprennent les différentes sortes de musique et de rythmes :

  • Ils comprennent le langage de la musique (symboles et termes musicaux).
  • Ils sont sensibles à la tonalité, au timbre, à l’harmonie, au rythme des sons de pièces musicales, de poèmes, de la parole.
  • Ils jouent d’un ou de plusieurs instruments de musique et/ou ils chantent.
  • Ils créent de la musique.

Ces personnes comprennent mieux en ayant recours au rythme, en fredonnant, ou dans un environnement où on a recours à la musique comme source d’inspiration, pour donner de l’entrain ou pour créer un climat de calme.
Les chanteurs, les compositeurs, les musiciens, les chefs d’orchestre, les disc-jockey, les techniciens du son, les critiques musicaux, les vendeurs d’instruments de musique ont recours à leur intelligence musicale. Les concepteurs en publicité et en productions multimédia ainsi que les poètes savent aussi l’utiliser efficacement.
Beethoven, Mozart, Schubert, avaient une intelligence musicale très développée, sans oublier les chanteurs contemporains et de nombreux groupes rock ou autres. Les virtuoses dans ce domaine sont capables de vous faire vibrer à travers des nuances, des changements de rythme et d’autres variantes transmises par leur instrument de musique ou par leur voix.