Comme nous l’avons vu dans mon précédent article, les informations que vous percevez passent au travers de plusieurs filtres, autant d’occasions d’avoir une perception incomplète ou interprétée.

Les filtres les plus courants

  • La généralisation.
  • La lecture de pensée.
  • La sélection.
  • La distorsion.
  • Mais il en existe de nombreux autres.

 

Nos conversations sont parsemées d’imprécisions

Ainsi dans le lien de cause à effet:

X prouve Y, en quoi X prouve-t-il Y ?

– Y peut-il provenir d’autre chose?
– X peut-il prouver autre chose?…

S’ils ne sont pas encore arrivés à cette heure-ci, c’est qu’il leur est arrivé quelque chose ! Qu’est-ce qui le prouve ?

On a dit que…   Qui ça, on ?

Les femmes sont très intuitives. Toutes les femmes ?

Les choses changent. Quelles choses ? Toutes ? Changent dans quel sens ?

Rappelez-vous que nous avons chacun notre perception et qu’en plus, nous avons chacun notre interprétation de cette perception. Ces imprécisions peuvent être dangereuses, vous n’y mettez pas forcément la même signification que celui qui les a prononcées d’où un risque de désaccord ou tout au moins d’une mauvaise interprétation.

Les informations peuvent être :

  • Soit incomplètes.
  • Soit modifiées ou interprétées.
  • Soit construites à partir de généralités sans pour autant être présentées comme telles.

L’efficacité de toute technique de communication résulte de la mise en place de procédures de questionnement afin d’éliminer ces filtres de perception et d’interprétation. Voyons quelques exemples de filtres de perception et comment poser les bonnes questions. C’est un chapitre sur lequel nous reviendrons amplement par la suite.

Lorsque vous communiquez et que vous vous trouvez face à une information incomplète, modifiée ou interprétée, vous devez absolument savoir ce qui se cache derrière cette information.

Pour vous en tirer, posez des questions qui portent sur ce qui manque.

Com ni uer,
C’e t d’ab d dé ct r
l s in rm ti ns ma q nt s

En clair :

Communiquer,
c’est d’abord détecter
les informations manquantes

Exemples de communications incomplètes

La généralisation

« Il est furieux, il est énervé… »
D’accord, je veux bien, mais avant d’aller plus loin, il est primordial de savoir après qui ? Pourquoi est-il furieux ?

« C’est le plus doué »
Admettons mais nous savons tous qu’il existe une multitude de dons. Dans quel domaine est-il le plus doué ? Par rapport à qui est-il le plus doué ?

« Il faudra modifier ces textes »
Bien sûr qu’il faudra les modifier mais qui devra le faire ? Quelles modifications doit-on apporter ?

La lecture de pensée

« Tu n’as pas apprécié ce qu’il a dit »
Phrase classique en communication, la meilleure réponse étant « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Deux cas de figure, soit vous n’avez vraiment pas apprécié et vous l’exprimez nettement. Soit votre comportement non-verbal n’est pas en accord avec vos pensées. Dans les deux cas, la réponse de votre interlocuteur vous permettra de vous corriger.

Le lien de cause à effet

« Il suffit que je dise quelque chose pour qu’il s’énerve »
Deux choses sont importantes à déterminer :

  • Est-ce que c’est toujours le cas ?
  • Est-ce qu’il s’énerve également avec d’autres personnes que moi ou quand je ne suis pas là ?

 

Les équivalences et les présuppositions

« Si mon interlocuteur ne me rappelle pas, c’est surement que ce que je lui ai proposé ne lui plait pas ». Nous sommes en face de la phrase typique dans laquelle vous pensez à la place de l’autre, vous lui prêtez votre propre réaction.

Posez-vous les vraies questions :

  • Qu’est-ce qui prouve que ça ne lui plait pas ?
  • Est-ce qu’il existe une autre raison ? Peut-être que votre proposition a beaucoup moins d’importance à ses yeux qu’aux vôtres et qu’il ne l’a pas mise au rang de ses priorités.

« Une fois que nous vivrons ensemble, il ne sera plus comme maintenant »
Pourquoi changerait-il, qu’est-ce qui prouve qu’il va changer ?

La généralité, le jugement universel

A ce sujet, l’être humain ne manque pas d’imagination, quelques citations :
« Il ne faut jamais dire JAMAIS »
Qu’est-ce qui permet de l’affirmer ?
Est-ce vraiment « JAMAIS » ?
N’oubliez pas qu’après quelques questions, la même personne peut bien vous dire (restons dans les généralités) « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis »

Quelques unes, en vrac :
« Tous les mêmes ». Comment ça TOUS ?
« Je ne peux pas faire une chose pareille ». Pourquoi ça, qu’est-ce qui m’en empêche ?
« Quand on est un grand garçon on ne pleure pas ». Qui c’est ce « ON » qui a dit cela ? Existe-t-il des circonstances où un grand garçon peut pleurer ? Etc…

Vous venez de voir quelques filtres de perception, observez bien votre entourage, vous constaterez que votre vie de tous les jours est parsemée de tout ce manque de précisions. L’inconvénient de ces imprécisions est qu’elles peuvent donner lieu à des malentendus qui peuvent parfois très mal se terminer.
Ne vous laissez pas entrainer dans ces pièges. C’est par une écoute attentive que vous pourrez repérer les phrases imprécises et voir si votre interlocuteur en use ou en abuse.
Vous pourrez alors par un habile questionnement rechercher ce qui manque ou ce qui est déformé.

ce qui se cache derrière les mots

Ce questionnement vous permettra de voir ce qui se cache derrière les mots et de retrouver l’information avant sa « transformation ».