Comment faire pour motiver les autres

Il n’est qu’un moyen au monde d’amener une personne à accomplir une certaine action. Y avez-vous jamais songé? Un seul moyen! C’est de susciter en elle le désir d’accomplir cette action.

Retenez bien cela. Il n’existe pas d’autre manière.

Evidemment, par la force, on peut également obtenir beaucoup de choses :

  • Vous pouvez forcer un passant à vous donner sa montre en lui collant le canon d’un revolver contre les côtes.
  • Vous pouvez faire travailler un employé, jusqu’à ce que vous ayez le dos tourné, en le menaçant de le flanquer à la porte.
  • Vous pouvez obtenir l’obéissance d’un enfant par le fouet.

Mais ces méthodes brutales ont des répercussions désastreuses.

 

Le secret est ici

C’est seulement en vous procurant ce que vous voulez que je parviendrai à vous faire agir.
Or, que voulez-vous? Sigmund Freud prétend que tous nos actes sont provoqués par deux désirs fondamentaux: le désir sexuel et le désir d’être reconnu.
Selon le philosophe John Dewey, le mobile le plus puissant de la nature humaine, c’est le « désir d’être important ». Rappelez-vous cette phrase : « Le désir d’être important. » Elle est lourde de sens; vous la trouverez souvent dans ces articles.

Quels sont nos besoins? Peu de choses, mais ces choses, nous les réclamons avec une insistance inlassable. Les voici :

  • La santé et la conservation de la vie.
  • La nourriture.
  • Le sommeil.
  • L’argent et les biens qu’il procure.
  • La survivance future.
  • La satisfaction sexuelle.
  • Le bonheur de nos enfants.
  • Le sentiment de notre importance.

Presque tous ces besoins sont généralement satisfaits, mais il en est un qui est rarement contenté et, pourtant, il est aussi profond, aussi impérieux que la faim. Cette aspiration, c’est ce que Freud Appelle « le désir d’être reconnu ». C’est ce que John Dewey Appelle « le désir d’être important ».

William James disait: « Le principe le plus profond de la nature humaine, c’est la soif d’être apprécié ». C’est là une soif inextinguible et celui qui peut honnêtement étancher cette soif tient ses semblables entre ses mains.

Ce désir d’être important n’existe pas chez les animaux. C’est même une des principales différences qui existent entre eux et l’homme.

Ainsi, mon père avait une ferme dans le Missouri où il élevait de magnifiques porcs et des bêtes à cornes. Il les amenait à toutes les foires et concours agricoles et remportait toujours des prix. A La maison, il épinglait sur un grand carré de mousseline blanche tous les rubans bleus de ses triomphes. Et, quand des visiteurs venaient, il déroulait sa précieuse mousseline et m’en faisait tenir une extrémité pendant qu’il tenait l’autre pour permettre à l’assistance d’admirer ses trophées.

Les cochons se montraient parfaitement indifférents à ces récompenses, mais mon père en était ravi : elles fortifiaient en lui le sentiment de son importance.

 

Sans ça, la civilisation n’existerait pas

Si nos ancêtres n’avaient pas eu en eux ce désir d’être reconnus, la civilisation n’aurait pas existé car, sans lui, nous serions demeurés semblables à des bêtes.
C’est ce besoin d’importance qui conduisit un pauvre petit commis sans instruction à étudier des livres de droit qu’il avait découverts au fond d’une caisse de bric-à-brac achetée dans une vente pour cinquante cents. Ce petit commis s’appelait Lincoln.
C’est le désir d’être grand qui inspira à Dickens l’idée d’écrire ses livres immortels., qui poussa Rockefeller à amasser des millions. Et c’est aussi ce même sentiment qui incite l’homme le plus riche de votre ville à se faire bâtir une maison bien trop vaste pour ses besoins personnels.

C’est inconsciemment pour affirmer notre importance que nous achetons le dernier modèle de voiture, que nous tenons à avoir vu tel film ou lu tel livre, ou que nous parlons avec complaisance des succès scolaires de nos enfants.

On voit parfois des garçons devenir délinquants pour se mettre en vedette. Mulrooney, chef de la police de New York, me confiait:

Le jeune criminel d’aujourd’hui est débordant de vanité. La première chose qu’il demande, après son arrestation, c’est la permission de lire ces feuilles ignobles qui le représentent comme un héros. La perspective de la cuisante séance qui l’attend sur la chaise électrique demeure lointaine pour lui, tant qu’il peut se délecter à contempler son image s’étalant aux côtés de vedettes du sport, du cinéma, de la télévision et de la politique.

Dites-moi comment vous comblez votre besoin d’importance, je vous dirai qui vous êtes.
Cela détermine votre personnalité. C’est Ce qui vous caractérise le mieux. Par exemple, pour satisfaire son besoin d’importance, John D. Rockefeller fit construire en Chine, à Pékin, un hôpital moderne pour soigner des millions de malheureux qu’il n’avait jamais vus.

 

Personnages célèbres et importance

A l’opposé, Dillinger manifesta son importance en devenant assassin et voleur de banques. Poursuivi un jour par des agents qui lui faisaient la chasse dans le Minnesota, il se précipita dans une ferme en criant :
« C’est moi, Dillinger » Il était fier d’être l’ennemi public numéro un. « Je ne vous ferai pas de mal, dit-il, mais je suis Dillinger » La différence la plus caractéristique entre Dillinger et Rockefeller N’était-elle pas dans la manière dont ils affirment leur importance? L’histoire est pleine d’exemples amusants où l’on voit des personnages célèbres s’efforcer de montrer leur importance :

  • George Washington, lui-même, exigeait qu’on l’appelât : « Sa Grandeur le Président des Etats-Unis. »
  • Christophe Colomb Réclamait le titre « d’Amiral de l’Océan et Vice-roi des Indes ».
  • Catherine de Russie refusait d’ouvrir les lettres qui n’étaient pas adressées à « Sa Majesté Impériale ».
  • Dans la Maison-Blanche, Mme Lincoln se tourna un jour comme une tigresse vers M. Grant, criant: « Comment avez-vous l’audace de vous asseoir en ma présence avant que je ne vous y invite? »
  • Nos milliardaires ont contribué à financer l’expédition de l’amiral Byrd au pôle Sud en échange de la simple promesse que les chaînes de montagnes glacées de l’Antarctique porteraient leur nom.
  • Victor Hugo ne désirait rien moins que donner le sien à la ville de Paris.
  • Shakespeare, pourtant grand parmi les grands, voulut augmenter encore l’éclat de sa gloire en procurant à sa famille des titres de noblesse.