Reconnaître ses fautes élève au-dessus de la masse

Bruce Harvey d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique, après avoir autorisé à tort le paiement de son salaire à un employé en congé de maladie, s’aperçoit de son erreur, en avise l’employé et lui explique que, pour compenser, il devra déduire de son prochain salaire la totalité du trop-perçu. L’employé lui fait remarquer que cela va lui créer des difficultés financières et lui demande d’échelonner le remboursement. Harvey réplique qu’il lui faut l’accord de son supérieur. Il nous raconte :

  • Je sais que cela aura pour effet de mettre le patron hors de lui. En réfléchissant à la manière de régler au mieux ce problème, je me rends compte que tout vient de ma faute et que je dois l’admettre devant mon patron.

J’entre dans son bureau, lui annonce que j’ai commis une erreur et la lui explique clairement. Il réplique violemment que c’est la faute du service du personnel. Je répète que c’est une erreur de ma part. Il s’en prend alors au service comptable. Je plaide à nouveau coupable.

Il accuse alors deux autres membres du personnel. Mais je répète chaque fois que je suis le seul responsable. Finalement, il me regarde et me dit :

  • D’accord, c’est votre faute. Alors débrouillez-vous.

Le problème est réglé et personne n’en subit les conséquences. J’éprouve un sentiment de fierté parce que j’ai été capable de mettre fin à une situation délicate sans avoir recours à des alibis. Et, depuis cet incident, mon patron n’en a que plus de respect pour moi. Le premier imbécile venu peut essayer de justifier ses erreurs.

L’homme qui reconnaît ses fautes s’élève au-dessus de la masse, il éprouve une joie noble et rare.

 

 

Ne pas rejeter le blâme sur les autres

Ainsi, l’un des plus beaux souvenirs de l’Histoire est la manière dont le général Lee s’accuse de l’échec de Pickett à la charge de Gettysburg, pendant la guerre de Sécession. Cette charge fut une des plus sanglantes erreurs de la carrière de Lee.

Toute héroïque et brillante qu’elle fût, elle marqua le commencement de la débâcle. Lee était vaincu, il ne pouvait pénétrer dans les États nordistes, la cause des Sudistes était perdue. Lee fut si désespéré, si frappé, qu’il remit sa démission à Jefferson Davis en le priant de ‘nommer à sa place un homme plus jeune et plus capable que lui.

Si Lee avait voulu rejeter sur un autre la responsabilité du désastre de la charge de Pickett, il aurait pu trouver des douzaines d’excuses, certains de ses chefs de division l’avaient abandonné, la cavalerie n’était pas arrivée à temps pour soutenir l’attaque de l’infanterie, etc… Mais Lee était bien trop noble pour rejeter le blâme sur les autres.

Alors que les troupes meurtries et vaincues de Pickett revenaient vers les lignes des confédérés, Robert Lee, chevauchant à leur rencontre, les accueillit par une déclaration presque sublime :

  • Tout cela est ma faute, avoua-t-il. Moi seul suis responsable de cette défaite… Peu de généraux ont eu le courage et la générosité d’un tel aveu.

 

 

Appliquer ces principes

Michael Cheung, animateur de stages de communication et relations humaines à Hong Kong, nous a expliqué comment la culture chinoise se heurte parfois à l’application de ces principes, et comment il est cependant préférable, parfois, d’appliquer lesdits principes plutôt que de maintenir à tout prix une tradition ancestrale. Il avait dans un stage un participant que son fils avait cessé de fréquenter depuis plusieurs années. Le père s’était longtemps adonné à la drogue, puis avait réussi à se désintoxiquer totalement. Dans la tradition chinoise, le plus âgé ne peut pas faire le premier pas. Le père estimait que c’était à son fils de prendre l’initiative de la réconciliation.

Dans une des premières séances, il avait parlé de ses petits-enfants qu’il n’avait jamais vus et il avait dit combien il désirait se réconcilier avec son fils. Les participants de son groupe, tous chinois, comprirent le conflit entre son désir et le respect d’une longue tradition. Le père était convaincu que les jeunes devaient le respect à leurs aînés et qu’il avait raison d’attendre que son fils vienne vers lui.

Vers la fin de la séance, le père s’adressa à nouveau au groupe :

  • J’ai réfléchi à ce problème, expliqua-t-il.
  • Si vous avez tort, admettez-le promptement et énergiquement. Lui répondit son formateur.
  • Il est trop tard pour que je l’admette promptement, mais je peux encore l’admettre énergiquement. J’ai été injuste envers mon fils. Il avait raison de refuser de me voir. Il se peut que je perde la face en demandant le pardon d’un plus jeune, mais j’étais en tort et ma responsabilité est de l’admettre.

Les autres participants applaudirent et lui accordent leur soutien sans condition. A la séance suivante, il raconta comment il était allé chez son fils et comment il avait demandé et reçu le pardon. Puis il expliqua qu’il entretenait maintenant des relations nouvelles avec son fils et qu’il avait enfin rencontré sa belle-fille et ses petits-enfants.

 

 

Savoir admettre ses torts

Elbert Hubbard était un chroniqueur des plus originaux, ses écrits cinglants suscitaient parfois de vives rancunes, mais, grâce à son habileté, il arrivait souvent à transformer ses adversaires en amis.

Par exemple, quand un lecteur en colère lui écrivait pour protester qu’il n’était pas du tout d’accord avec son dernier article et terminait en le traitant de noms peu flatteurs, il répondait par la note suivante :

  • A bien réfléchir, je ne suis pas complètement d’accord moi-même avec cet article. Tout ce que j’ai écrit hier ne me plaît pas nécessairement aujourd’hui. Je suis heureux de connaître votre opinion sur ce sujet. La prochaine fois que vous passerez dans le voisinage, venez donc me rendre une visite, nous pourrons discuter cette question à loisir.

Que pouvez-vous rétorquer à un homme qui vous parle de cette manière ?

Quand nous sommes sûrs d’avoir raison, efforçons-nous avec tact et douceur de faire partager notre opinion. Mais quand nous sommes dans notre tort, ce qui se produit avec une fréquence étonnante, si nous avons la franchise de l’admettre, reconnaissons notre erreur promptement et de bon cœur. Non seulement nous constaterons des résultats surprenants, mais encore ce sera beaucoup plus amusant que d’essayer de nous défendre.

Retenez bien ceci : On obtient peu en s’opposant, mais bien davantage en concédant.

 

PRINCIPE 12 : Si vous avez tort, admettez-le promptement et énergiquement