Le succès dû à son sourire

L’autre soir, j’assistais à un dîner à New York. Il y avait là une dame fort riche qui s’efforçait de briller et de produire une bonne impression. Elle avait dépensé une petite fortune pour se parer de diamants et de perles. Malheureusement, elle n’avait rien fait pour son visage, qui respirait l’amertume et l’égoïsme. Elle n’avait pas compris qu’aux yeux des hommes, l’expression qu’une femme porte sur sa figure est beaucoup plus importante que ce qu’elle porte sur son dos.

Charles Schwab m’a dit que son sourire lui avait rapporté plus d’un million de dollars. Son succès, en effet, fut presque entièrement dû à sa personnalité, à son pouvoir de se faire aimer, à son charme, dont l’un des éléments les plus précieux était ce sourire captivant.

 

Un sourire sincère, large et spontané

J’ai passé jadis une soirée en la compagnie de Maurice Chevalier.

Franchement, je fus déçu. Morne, taciturne, il était profondément différent de ce que j’avais espéré. Mais, tout à coup, il sourit. Ce fut exactement comme un rayon de soleil perçant les nuages… Sans son sourire, Maurice Chevalier serait peut-être resté ébéniste à Paris, comme son père et ses frères. Les actes en disent plus que les paroles. Le sourire dit :

Vous me plaisez… Je suis content de vous voir… Votre présence me rend heureux…

Bien entendu, je veux parler du sourire sincère, large et spontané qui séduit et réconforte, et non du sourire apprêté ou mécanique, car ce dernier ne trompe personne et, au lieu de plaire, il irrite. Le Chef du personnel d’un grand magasin à New York me disait qu’il préférait engager une vendeuse à l’instruction élémentaire, mais au sourire délicieux, plutôt qu’une diplômée au visage froid.

 

Pourquoi les chiens sont-ils souvent si sympathiques ?

Parce que les folles démonstrations de joie qu’ils font en nous voyant nous flattent et nous émeuvent. Le sourire d’un enfant a le même effet.

Il vous est certainement arrivé de vous trouver dans la salle d’attente d’un médecin et de regarder autour de vous les visages fermés des patients. Le docteur Steven K. Sproul, vétérinaire à Raymond, Missouri, nous a raconté que, par une belle journée de printemps, son salon d’attente était plein de clients qui venaient faire vacciner leur animal. Personne ne parlait et chacun pensait probablement à tout ce qu’il aurait préféré faire au lieu de perdre son temps dans cette salle d’attente.

Il ne restait plus que six ou sept clients quand une jeune femme entra avec un bébé de neuf mois et un chaton dans les bras. La chance voulut qu’elle vienne s’asseoir près d’un homme que la longueur de l’attente avait exaspéré. L’enfant leva son regard vers lui avec ce grand et large sourire qu’ont les bébés. Quelle fut sa réaction ? Celle que vous ou moi aurions eue en pareil cas. Il lui rendit son sourire et se mit à bavarder avec la mère. Il lui parla de son enfant et de ses propres petits-enfants. Les autres patients ne tardent pas à se joindre à la conversation et, en un rien de temps, la tension et l’ennui qui régnaient dans la pièce firent place à la gaieté et à la détente.

Voici l’opinion du professeur James U. McConnell, psychologue à l’université du Michigan.

Ceux qui souffrent, dit-il, ont tendance à diriger, à enseigner ou à vendre avec plus d’efficacité, et leurs enfants sont en général plus heureux. Un sourire a plus d’effet qu’un froncement de sourcils. C’est pourquoi les encouragements ont plus d’impact que le blâme.

 

Le sourire se ressent dans la voix

Les centres d’appel utilisent un programme de formation pour vendre leurs produits ou services. Dans le programme, il est recommandé de sourire au téléphone car le sourire transparaît dans la voix. Robert Cryer, chef du service informatique d’une compagnie de Cincinnati, nous raconte comment il a réussi à trouver le parfait candidat à un poste difficile à pourvoir.

J’avais besoin pour mon service d’un spécialiste en informatique et je désespérais de pouvoir en recruter un. Je finis par découvrir un jeune homme possédant tous les diplômes nécessaires pour le poste. Après plusieurs entretiens téléphoniques, j’appris qu’il avait reçu des propositions de compagnies plus importantes et plus réputées que la mienne.

Aussi je fus soulagé et ravi lorsqu’il accepta mon offre. Quelque Temps plus tard, je lui demandai pourquoi il nous avait choisis.

Après avoir réfléchi, voici ce qu’il me répondit:

Au téléphone, la voix des directeurs des autres compagnies était froide, impersonnelle. J’avais l’impression de n’être pour eux qu’une proposition parmi d’autres. Votre voix, en revanche, me donnait le sentiment que vous me portiez un intérêt sincère., que vous vouliez vraiment que je fasse partie de votre entreprise.

Vous Pouvez être certain que je continue de répondre au téléphone avec le sourire.

 

Prendre du plaisir à ce que l’on fait

Le directeur d’une des plus grandes sociétés caoutchoutière d’Amérique assure qu’un homme ne peut réussir dans une tâche s’il ne trouve du plaisir à l’accomplir. Il ne partage pas l’opinion trop répandue que, seul, un labeur acharné peut conduire au succès.

II faut, dit-il, que nous travaillions dans la joie. Si nous devons nous forcer, si notre métier nous ennuie, nous allons à l’échec.

De même, il faut que nous nous plaisions dans la compagnie de nos semblables, si nous voulons qu’ils se plaisent dans la nôtre.

 

Voici un conseil pour changer votre attitude

Pendant une semaine, à chaque heure du jour, souriez à quelqu’un, dans votre entourage, dans vos affaires, sur votre route, puis venez me dire les résultats de votre nouvelle attitude.
Que furent ces résultats ?

Voici une lettre de M. William B. SteinHardt, agent de change à la Bourse de New York. Son cas n’est pas isolé; au contraire, il est à citer parmi des centaines d’autres.

Je suis marié depuis dix-huit ans, écrit M. Steinhardt, et, durant tout ce temps, je n’ai pas beaucoup souri depuis mon réveil jusqu’à mon départ pour le travail. Sur votre conseil, je décidai de tenter pendant une semaine “l’expérience du sourire”. Le lendemain matin, donc, en faisant ma toilette, je contemple ma triste figure dans le miroir, et je me fis le petit discours suivant: “Mon vieux Bill, à partir d’aujourd’hui, fini cette sale bouille… Tout ça va changer. Dès cette minute, tu vas être aimable, tu vas sourire ! “

En m’asseyant à table pour le petit déjeuner, je saluai ma femme d’un aimable: “Bonjour, ma chérie ! “ accompagné d’un large sourire. Vous m’aviez prévenu qu’elle serait peut-être surprise. Vous Aviez sous-estimé l’intensité de sa réaction. Elle fut stupéfaite! Ebahie! Je lui annonçai qu’à partir de maintenant elle me verrait ainsi tous les jours. Et, depuis deux mois, je tiens ma promesse et la salue chaque matin le plus aimablement du monde.

Ce changement d’attitude nous a apporté plus de bonheur en deux mois que notre vie en commun ne nous en avait donné pendant une année entière. Maintenant, en quittant mon appartement, j’aborde les voisins avec un bonjour ou un sourire. J’interpelle cordialement le gardien. Quand j’arrive à la Bourse, je souris à des gens qui ne l’avaient jamais vu sourire auparavant.

Je partage mon bureau avec un autre agent de change dont l’un des collaborateurs est un garçon fort sympathique. J’étais enchanté des résultats de ma nouvelle philosophie que j’en fis part à ce collègue. Il me confessa alors qu’au début il m’avait trouvé fort désagréable, et qu’il n’avait modifié que depuis peu son opinion à mon égard. Il me dit: “Quand vous souriez, vous vous humanisez.”

Je ne critique plus personne; au lieu de blâmer, j’encourage.

Je n’entretiens plus les autres de mes préoccupations, j’essaie plutôt de comprendre les leurs. Cette nouvelle attitude a complètement transformé ma vie. Tout en m’apportant des avantages matériels, elle a fait de moi un autre homme, heureux, entouré de sympathies.

 

Existe-t-il meilleure récompense?

Vous n’avez pas envie de sourire. Eh bien! Forcez- vous! Si vous êtes seul, sifflez, fredonnez, chantez. Agissez comme si vous étiez déjà vraiment heureux, et cela tendra à vous rendre heureux.