Savoir récompenser les résultats positifs

J’ai connu Peter Barlow. C’était un montreur de chiens et de poneys dans les cirques. J’aimais beaucoup voir Pete dresser ses chiens. Dès que l’un d’eux montrait le plus petit progrès, Pete le caressait, le félicitait, lui donnait de la viande, enfin faisait grand cas de sa réussite.

Cette méthode n’est pas nouvelle. Elle est appliquée depuis des siècles par tous les dresseurs d’animaux.

  • Pourquoi, je me le demande, ne nous montrons-nous pas aussi sensés avec les hommes qu’avec les bêtes ?
  • Pourquoi ne présentons-nous pas la friandise au lieu du fouet, le compliment au lieu du blâme ?

Faisons comme Peter Barlow, reconnaissons les progrès, si légers soient-ils, de ceux que nous voulons encourager. C’est ainsi que nous les stimulons, que nous les engagerons à poursuivre leurs efforts.

Dans un de ses livres, le psychologue Jess Lair fait le commentaire suivant :

L’éloge est comme le soleil pour l’esprit humain. Nous ne pouvons-nous épanouir sans lui.

Cependant, la plupart d’entre nous sommes prêts à souffler sur les autres le vent glacial de la critique, bien plus qu’à leur réchauffer le cœur en les complimentant.

En faisant un retour en arrière, je revois comment quelques mots de louange ont suffi à changer ma vie. Ne pouvez-vous en dire autant ? L’histoire abonde en exemples où l’éloge a fait des miracles.

 

 

Réussir envers et contre tout

L’histoire de Caruso

En 1883 vivait à Naples un enfant de dix ans qui travaillait dans une usine. Il rêvait de devenir chanteur. Malheureusement, son professeur l’avait découragé :

Tu n’as aucune voix, lui avait-il affirmé. Quand tu chantes, on croit entendre grincer les persiennes.

Mais sa mère, pauvre paysanne, le consola. Elle le prit dans ses bras, lui dit qu’elle était sûre de son talent, l’assura qu’elle avait déjà remarqué un progrès dans son chant. Elle travailla, se priva, marcha pieds nus pour payer les leçons de musique de son fils…

Les encouragements transformèrent la vie de ce garçon. Vous avez sans doute entendu parler de lui : il se nommait Caruso.

 

L’histoire de Charles Dickens

Au siècle dernier, un jeune homme de Londres aspirait à devenir écrivain. Mais tout semblait contrarier son désir. Il n’avait reçu qu’une instruction rudimentaire; son père avait été emprisonné pour dettes, et lui-même était très pauvre, il connaissait souvent la faim.

A force de persévérance, il trouva enfin un emploi, cela consistait à coller des étiquettes sur des flacons de colorant, dans un entrepôt infesté de rats. Le soir venu, il dormait dans une affreuse mansarde en compagnie de deux voyous des bas-fonds de Londres. Il avait si peu confiance en sa valeur et craignait tant les moqueries qu’il attendait la nuit noire pour aller secrètement porter ses manuscrits dans la boîte aux lettres. L’un après l’autre, ceux-ci étaient refusés.

Enfin, vint le grand jour : l’une de ses histoires fut acceptée. On ne lui offrait aucune rémunération, c’est vrai. Mais Peu lui importait. L’éditeur le félicitait ! Quelqu’un reconnaissait son talent! Il était si transporté qu’il déambula par les rues avec des larmes de joie.

A partir de ce moment, l’espoir et la confiance le gagnèrent, et son avenir fut transformé. Mais, sans cet encouragement, il aurait peut-être continué à travailler toute sa vie dans un entrepôt. Cet Homme ne vous est pas inconnu, lui non plus: il s’appelait Charles Dickens.

 

L’histoire de Herbert George Wells

Un demi-siècle plus tard, un autre jeune Londonien travaillait dans un magasin de draperies. Il se levait à cinq heures du matin, balayait la boutique et trimait quatorze heures par jour. Il exécrait son travail. Au bout de deux ans, il n’y tint plus, et, un matin, partit de la maison sans attendre le petit déjeuner; il parcourut plus de vingt kilomètres et arriva chez sa mère, qui était gouvernante dans une propriété.
Il lui fit part de son désespoir, pleura, supplia, jura de se tuer si on le forçait à demeurer dans cette boutique…

Puis il écrivit une longue lettre à son vieux maître d’école, lui avouant qu’il était à bout, qu’il ne voulait plus vivre. Le maître lui adressa une réponse réconfortante, dans laquelle il lui disait qu’il l’avait toujours jugé très intelligent, capable de grandes choses et destiné à une vie meilleure, et lui offrait, en terminant, un emploi d’instituteur.

Ces bonnes paroles, ces quelques éloges suffirent à transformer l’avenir du jeune homme, et eurent une profonde répercussion sur la littérature anglaise. Depuis cette époque, en effet, le héros de cette histoire a écrit soixante-dix-sept livres et gagné par sa plume une véritable fortune. Vous connaissez peut- être son nom : c’est. G. Wells.

En résumé, pour obtenir des résultats, il vaut mieux complimenter au lieu de critiquer