Croyances aidantes et croyances limitantes

Dans mon article de ce matin, je vous citais les deux grands types de croyances : les croyances « aidantes  » et les croyances « limitantes  » et je vous donnais l’exemple d’Aristote et de Galilée. Maintenant, ce qui est important est de savoir comment les identifier, puis viendra le temps de les transformer.

 

La construction des croyances

La majorité des croyances proviennent de l’intensité ou de la répétition d’une suite d’expériences. Prenons par exemple une croyance individuelle, « les chiens sont gentils ». Toute sa vie, la personne porteuse de cette croyance a caressé des chiens et s’en est occupé à sa plus grande satisfaction, la répétition a entraîné la croyance. Même si elle se fait mordre une fois, elle ne remettra pas sa croyance en question, il s’agissait probablement d’un accident. Par contre, si elle se fait mordre et passe plusieurs jours à l’hôpital, sa croyance deviendra « les chiens sont méchants », nouvelle croyance due à l’intensité. Elle effectuerait le même changement de croyance en se faisant mordre plusieurs fois et, cette fois, vous l’avez compris par répétition.

Lorsque nous aborderons les techniques issues de l’Analyse Transactionnelle, nous travaillerons beaucoup sur les croyances collectives limitantes du style « pour réussir il faut travailler dur ».
Si je suis persuadé que « les chiens sont méchants », c’est gênant mais après tout, je n’ai qu’à les éviter et ne pas en avoir. Mais si ma croyance individuelle est « je ne vaux rien, je suis un incapable », vous comprenez qu’il est temps de prendre le problème à bras le corps.

 

Origines des croyances limitantes

La sur-généralisation

Interprétation inadaptée et sur-généralisé d’un événement « gênant » mais isolé que l’on va étendre à tout ce qui va se passer par la suite pour en faire une règle générale. Par exemple : « Nous venons de perdre notre plus gros client, tous les autres vont partir ». Adjectifs souvent employés : « jamais », « toujours », « systématiquement »…

 

L’abstraction sélective

Oubli de tous les aspects « positifs » d’une situation pour ne privilégier que les détails « négatifs ». La situation n’est pas observée dans son ensemble, seuls les points « négatifs » sont surestimés.

 

L’inférence arbitraire

Une façon unique d’interpréter les événements. Par exemple : « Je ne dois pas montrer mes émotions, ça ne se fait pas », « Ce matin, elle ne m’a pas dit bonjour, elle ne m’aime pas ». On tire des conclusions alors que rien d’objectif ne permet de les vérifier.

 

La personnalisation

Exagération systématique de l’importance d’un individu ou d’une organisation dans une situation. Par exemple : « Si le service après-vente traîne autant, on n’atteindra jamais nos objectifs ». On rend responsable une personne, d’une chose qui n’est pas de son fait.

 

La maximisation du « négatif » et, bien sûr, la minimisation du « positif »

On donne beaucoup plus d’importance aux « éléments négatifs » qu’aux « éléments positifs ». Par exemple : pour améliore un service client, on met 20% de temps supplémentaire pour s’assurer de la qualité de la réponse. Ce qui donnera « C’est foutu, on perd en vitesse, on va se casser la gueule, c’est sûr « , « On va jamais y arriver comme ça ». On donne un poids excessif aux conséquences « négatives » de la situation.

 

La dichotomisation

Fonctionnement à travers une perception binaire des événements : « Tout ou rien », « Parfait ou nul », « Toujours ou jamais »…

 

L’auto-injonction

Assignation automatique d’impératifs. « On doit y arriver », « On ne doit pas échouer sur ce projet ». Facile à reconnaitre par les phrases du type : « Il faut », « On doit (nous devons) « , « Il va falloir »… L’auto-injonction fait partie des biais régulièrement utilisés. Prêtez l’oreille et notez le nombre de fois où vous entendez : « Il faut », « On doit (nous devons) « , « Il va falloir », au cours d’une journée.

Je vous propose de compter le nombre de fois que vous entendez « il faut », « nous devons », « il va falloir » dans une journée et vous constaterez que ce biais a une place de choix dans les organisations …

Dès demain, nous allons nous attaquer à une tâche importante : Transformer les croyances limitantes en croyances aidantes