Vous devez honorer vos engagements

Que faites-vous quand une personne, qui travaillait bien, se met à négliger son travail ? Vous pouvez la renvoyer, mais cela ne résout rien. Vous pouvez la blâmer et elle vous en gardera de la rancune.

Henry Henke, chef d’atelier de réparation chez un gros concessionnaire en camions, à Lowell, dans l’Indiana, a sous sa responsabilité un mécanicien dont le travail est devenu médiocre. Au lieu de le renvoyer ou de le menacer, M. Henke l’appelle dans son bureau et lui parle en toute amitié.

  • Bill, lui dit-il, tu es un bon mécanicien. Cela fait longtemps que tu fais ce travail. Tu as réparé de nombreux véhicules à la satisfaction des clients. En fait, nous avons reçu beaucoup de compliments sur ton travail. Pourtant, ta cadence s’est ralentie depuis quelque temps et la qualité de ton travail n’est plus ce qu’elle était. Justement parce que dans le passé tu as été un mécanicien remarquable, je suis sûr que tu ne m’en voudras pas de te parler franchement, et peut-être qu’ensemble nous pourrons trouver une solution à ce problème.

Bill répond qu’il ne s’est pas rendu compte d’une baisse de son efficacité, assure son supérieur que le travail est toujours dans ses cordes et qu’il essaiera d’être plus performant à l’avenir.

A-t-il respecté son engagement ? Bien sûr. Pour honorer le compliment et mériter sa bonne réputation, il ne pouvait pas faire autrement.

 

Pour mener les hommes, vous devez les respecter

Samuel Vauclin, président de la Baldwin Locomotive Works, disait :

Il est facile de mener les hommes quand ils vous respectent et quand vous leur montrez votre estime pour leurs capacités.

En somme, si vous désirez développer une certaine qualité chez un individu, agissez comme si cette qualité était déjà un de ses traits dominants. Shakespeare disait :

Si une vertu vous fait défaut, feignez de la posséder.

Feignez, vous aussi, de croire à l’existence de telle ou telle vertu chez la personne que vous voulez perfectionner. Affirmez ouvertement votre confiance en elle. Donnez-lui une belle réputation à justifier, et elle fera des efforts prodigieux pour éviter de démériter à vos yeux.

 

L’histoire de Georgette Leblanc

Dans son livre : Souvenirs, ma vie avec Maeterlinck, Georgette Leblanc rapporte la transformation étonnante d’une humble Cendrillon en Belgique. Elle raconte :

Une serveuse m’apporte mes repas d’un hôtel voisin. On l’appelait ‘Marie la Plongeuse’. Elle avait les yeux bigles, les jambes arquées, pauvres de corps autant que d’esprit. Un jour, tandis qu’elle tenait mon plat de macaronis dans ses mains rouges, je lui dis à brûle- pourpoint :

  • Marie, vous ne connaissez pas les trésors qui sont en vous.

Habituée à cacher ses émotions, Marie attendit quelques instants, muette, pétrifiée. Puis elle posa le plat sur la table, soupira et dit ingénument :

  • Madame, je ne l’aurais jamais cru.

Elle ne douta pas, ne posa pas une question. Elle rentre simplement dans la cuisine et répéta ce que j’avais dit.

La puissance de l’espoir est telle que personne ne se moqua d’elle. A partir de ce moment, on lui marqua même une certaine considération. Mais c’est en l’humble Marie elle-même que se produisit le changement le plus curieux. Persuadée qu’elle était le tabernacle de merveilles invisibles, elle commença à prendre soin de son visage et de son corps avec tant d’application que sa jeunesse oubliée se mit à fleurir et couvrit de son éclat sa nature ingrate.

Deux mois plus tard, au moment de mon départ, elle annonçait son prochain mariage avec le neveu du ‘chef’…

  • Je vais être une dame, me dit-elle, et elle me remercia.

Il avait suffi d’une seule petite phrase pour transformer sa vie. Georgette Leblanc avait donné à Marie la Plongeuse une réputation à mériter, et cette réputation avait fait d’elle une autre femme.