Coaching pratique

Comme promis dans mon précédent article, je vais m’appuyer sur des expériences concrètes pour vous expliquer à quoi peuvent servir des séances de coaching. Commençons par le cas d’un client, Michel qui travaille avec moi depuis très longtemps, il était «accro à la colère» et mon premier travail a consisté à lui apprendre à la maîtriser.

Michel a grandi dans une famille dans laquelle la colère était utilisée pour contrôler, c’était un mode d’expression quotidien. Ses parents ont utilisé leur colère pour tenter de contrôler les uns et les autres, bien entendu leurs enfants n’échappaient pas à la règle. Parfois, la colère éclatait dans la violence, Michel et ses frères et sœurs en ont ressenti les contrecoups physiquement. Il ne savait jamais quand un de ses deux parents deviendrait subitement furieux, la menace planait en permanence.

Michel était l’aîné de quatre enfants et il a souvent dû assumer la prise en charge de ses frères et sœurs. Il reportait souvent ses peurs et sa rage sur eux, alors qu’au fond de lui, il ne voulait pas ressembler à ses parents, c’était tout ce qu’il savait faire. Lui aussi était devenu accro à la colère.

La sagesse populaire ne manque pas de dictons sur le sujet :

  • Tel père, tel fils.
  • Bon chien chasse de race.
  • Bon sang ne saurait mentir.
  • La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.
  • Les chiens ne font pas des chats…

 

En tant qu’adulte, Michel avait recopié le mode d’expression de ses parents, ses colères étaient toujours aussi fréquentes, sa femme et ses enfants en faisaient régulièrement les frais. Jusqu’au jour où sa femme a menacé de le quitter s’il ne recevait pas de l’aide, c’est comme ça qu’il a été amené à me consulter.
Voici un résumé de nos entretiens et les solutions qu’il a décidé de mettre en place avec mon aide.

– Michel, la colère est souvent utilisé pour couvrir un autre sentiment, un sentiment plus pénible. Que pensez-vous que vous couvrez avec votre colère ?
– Je ne sais pas. Je me sens souvent frustré, quand la frustration dépasse un certain seuil, elle déclenche ma colère.
– Étant enfant, qu’est-ce que vous ressentiez quand vos parents étaient en colère contre vous et devenaient violents ?
– Je me rappelle que j’aurais préféré être seul au monde, sans parents.
– Vous deviez vous sentir très seul, négligé et sans doute impuissant face aux événements.
– Oui, je me sentais vraiment impuissant ! Je détestais me sentir aussi seul et aussi impuissant. C’était si effrayant.
– Maintenant que vous êtes adulte, qu’est ce qui déclenche votre sentiment d’impuissance ?
– Humm … Je suppose que c’est lorsque ma femme ou mes enfants ne font pas ce que je veux qu’ils fassent ou ce que je pense qu’ils devraient faire.
– Alors, plutôt que de se sentir et d’accepter votre impuissance envers eux, ce qui est la réalité mais c’est un sentiment difficile à interpréter. Vous préférez éviter cette impuissance en essayant de les contrôler avec votre colère, tout comme le faisait vos parents avec vous. Est-ce ce que vous ressentez ?
– Je pense que oui. Je suppose que je cherche à les contrôler plutôt que de me sentir impuissant. Mais pourquoi devrais- je me sentir impuissant ? C’est un sentiment dont j’ai horreur.

 

Michel, quand vous étiez enfant, vous étiez impuissants envers la brutalité de vos parents et vous étiez également impuissant envers vous-même à bien des égards. Vous ne pouviez pas partir et aller vivre dans une autre maison avec d’autres parents. Vous ne pouviez pas vous écarter du chemin tracé par vos parents sans risquer une autre punition.
Cependant, aujourd’hui, même si vous êtes toujours impuissant sur les autres, vous n’êtes plus impuissant sur vous-même. Vous pouvez éviter les situations qui vous mettent mal à l’aise ou vous pouvez vous exprimer pour les éviter. Vous pouvez également explorer vos difficultés avec votre famille.

 

Comment ne plus être accro à la colère

Si vous acceptez votre impuissance sur les autres, vous allez essayer de les contrôler et la colère remontera à la surface puisque c’est la façon que vous avez apprise utiliser pour surmonter votre impuissance. Vous ne contrôlez pas votre colère, votre colère vous contrôle. C’est votre réponse addictive pour vous protéger contre votre sentiment d’impuissance.
Vous continuerez à être en colère jusqu’à ce que vous acceptiez votre impuissance sur les autres – sur ce qu’ils veulent faire et ce qu’ils choisissent d’être.

L’impuissance envers les autres est un sentiment très difficile à accepter. La plupart des gens vont tout faire pour éviter ce sentiment d’impuissance, même s’ils ne sont plus impuissants envers eux-mêmes. Pourtant, tant qu’ils n’acceptent pas leur impuissance envers les autres, ils vont essayer de les contrôler et la colère est souvent la solution qu’ils privilégient.
Il a fallu que Michel prenne le temps d’apprendre comment prendre soin de lui – comment embrasser et accepter ses sentiments sans chercher à s’en défendre plutôt que de les ignorer ou de les dissimuler sous la colère.

La première étape a consisté à prendre soin de lui, à s’aimer lui-même et à prendre en considération ses propres sentiments et ses besoins. Partant de là, il lui est devenu plus facile d’accepter les sentiments et les besoins des autres. En acceptant et en gérant ses sentiments douloureux, son besoin de contrôler les autres a progressivement diminuée.

Au cours de son travail avec moi, Michel a appris à ne pas se sentir seul et à savoir comment prendre soin de lui. Il a découvert qu’il pouvait gérer ses sentiments de solitude et d’impuissance beaucoup plus facilement dès qu’il a appris à s’aimer lui-même et à reconnaître ses émotions.

Dans mon prochain article, je vous expliquerai les grands principes d’une séance de coaching.