Donner l’aliment nécessaire à l’estime de soi

Au temps où la mode du jeûne faisait fureur, je la suivais, moi aussi, une fois; cela dura six jours et six nuits. Ce n’était nullement pénible. Au bout du sixième jour, j’étais moins affamé qu’à la fin du deuxième. Or combien de gens se croiraient criminels s’ils laissaient six jours sans nourriture leur famille ou leur personnel ?

Pourtant, ces mêmes personnes n’éprouvent aucun remords à refuser à leur entourage, pendant six jours, six semaines et même soixante ans, les éloges et encouragements qui leur sont indispensables pour satisfaire un besoin presque aussi impérieux que la faim! Un grand acteur disait :

Rien ne m’est plus nécessaire que les applaudissements pour alimenter ma propre estime.

Oui, nous nourrissons les corps de nos enfants, de nos invités et de nos employés, mais nous leur donnons bien rarement l’aliment nécessaire à leur propre estime. Nous leur dispensons le rôti et les pommes de terres génératrices d’énergie physique, mais nous négligeons de leur offrir les bonnes paroles qui résonneront longtemps dans leur mémoire comme une incomparable mélodie.

 

Comment Paul Harvey créa Stevie Wonder

Dans une de ses émissions, Paul Harvey raconte comment il est possible de transformer la vie de quelqu’un simplement en lui témoignant de la considération. Il cite l’exemple de ce professeur de Detroit qui demanda un jour à Stevie Morris de l’aider à retrouver une souris égarée dans la salle de classe.

La nature avait fait don à Stevie de quelque chose que personne d’autre dans la pièce ne possédait. Pour compenser la perte de sa vue, elle l’avait doté d’une ouïe très fine. Mais c’était la première fois que l’on manifestait de l’intérêt pour son talent auditif et ce fut pour lui le point de départ d’une vie nouvelle.
C’est à partir de ce moment-là qu’il désirait développer ce don et qu’il devint, sous le nom de Stevie Wonder, le grand auteur compositeur interprète que l’on connait.

 

Ça ne prend pas avec les gens intelligents

Je sais bien que certains d’entre vous diront en lisant ces lignes :

Ah! Oui, la pommade… les coups d’encensoir., la flatterie, quoi ! J’ai Déjà essayé. Ça ne prend pas avec les gens intelligents!

Évidemment, une flatterie grossière ne trompera pas des êtres fins car elle est creuse, fausse et intéressée. Il est normal qu’elle soit repoussée, et elle l’est généralement. Pourtant, il faut reconnaître que certaines personnes sont si avides d’éloges qu’elles goberont N’importe quoi, comme un malheureux affamé.

La reine Victoria, elle-même, était sensible à la flatterie. Disraeli, son ministre, confessait qu’il ne la lui ménageait pas. Et, pour employer ses propres termes, «il la lui tartinait avec une truelle ».
Seulement, Disraeli était un des hommes les plus fins, les plus adroits, les plus astucieux qui aient jamais gouverné l’Empire britannique. Il était passé maître en son art… Et ce qui lui était possible ne le serait peut- être pas à un autre…

 

Une nouvelle manière de vivre

La flatterie fait plus de tort que de bien à son auteur. Elle n’est qu’une comédie, tandis que l’éloge spontané vient du cœur. Non, cent fois non ! Je ne propose pas la flatterie ! Je veux parler de tout autre chose, d’une nouvelle attitude mentale, d’une nouvelle manière de vivre. Laissez-moi répéter cela: Je veux parler d’une nouvelle manière de vivre.
Le roi George V avait fait inscrire six maximes dans son bureau de Buckingham Palace. Voici l’une d’elles:
Apprenez-moi à ne dispenser comme à ne recevoir nulle vile flatterie

Et le philosophe Emerson disait :
Ce que vous êtes parle plus haut que ce que vous dites

Autrement dit : choisissez le langage qu’il vous plaira, vous ne pourrez jamais l’empêcher de révéler votre vraie nature. S’il suffisait de flatter, la chose serait facile, et nous deviendrons tous de merveilleux diplomates.
Au lieu de nous concentrer sur nous-mêmes, efforçons-nous devoir les qualités de notre interlocuteur. Nous pourrons alors lui exprimer notre admiration sincère sans avoir recours à des compliments forcés qui sonnent faux.

 

Rendre justice aux mérites des autres

Est une qualité que nous négligeons de développer dans la vie de tous les jours. Pour une raison ou pour une autre, nous ne pensons pas toujours à féliciter nos enfants lorsqu’ils rapportent à la maison un bon carnet de notes ou lorsqu’ils ont réussi leur premier gâteau ou leur première maquette. Les enfants adorent quand leurs parents s’intéressent à ce qu’ils font et applaudissent leurs succès. Les adultes aussi.
Alors la prochaine fois que vous dégusterez un excellent repas dans un restaurant, n’oubliez pas de complimenter le chef pour ses talents. Et si une vendeuse fait preuve envers vous d’une amabilité exceptionnelle, montrez-lui que vous appréciez sa courtoisie.

 

Semez les graines de la gratitude

Quel pasteur, quel conférencier, quel orateur n’a été un jour déçu par l’apparente indifférence de son auditoire alors qu’il s’était adressé à lui avec tout son cœur ? Ce qui est vrai pour les professionnels de l’expression orale l’est à plus forte raison pour les cadres, les ingénieurs, les employés de bureau, les vendeurs, les ouvriers, et aussi pour nos proches et nos amis. Dans nos relations avec les autres, nous ne devrions jamais oublier que ceux qui nous entourent sont des êtres humains, et qu’ils sont tous avides d’éloges. L’éloge sincère est le miel des relations entre les hommes.

Pourquoi ne pas profiter de vos voyages quotidiens pour semer les graines de la gratitude ? Vous serez surpris de voir éclore les fleurs de l’amitié.

Pamela Duncan de New Fairfield, Connecticut, avait diverses responsabilités professionnelles. Elle devait entre autres surveiller un gardien qui bâcle son travail. Les autres employés se moquaient de lui et prenaient un malin plaisir à jeter des détritus dans l’allée. L’ambiance s’était tellement dégradée que le rythme de travail s’en ressentait.

Pamela avait bien essayé, par différents moyens, de motiver cet homme, mais, hélas ! Sans succès. Elle avait remarqué cependant que, de temps à autre, il faisait du très bon travail et elle résolut donc de ne pas manquer une occasion de l’en féliciter. Petit à petit, il fit des progrès et bientôt se montra efficace dans son travail. C’est maintenant un excellent gardien dont tout le monde reconnaît les qualités. Le compliment sincère avait réussi là où la critique échouait.

 

On ne transforme pas les autres en les blessant

J’ai découpé une bonne vieille maxime que j’ai collée sur le miroir de ma salle de bains :

Je ne passerai ici qu’une seule fois. Tout le bien que je puis faire, toute l’aide que je puis apporter à qui que ce soit, c’est maintenant, sans attente ni négligence, car je ne repasserai pas ici.

Emerson disait : Tout homme m’est supérieur en quelque manière et je m’instruis auprès de lui. Ce qui était vrai pour Emerson n’est-il pas mille fois plus vrai pour vous et moi ? Cessons de penser à nous-mêmes, à nos mérites, à nos désirs. Considérons ceux d’autrui. Pas de flatterie ! Que l’éloge généreux et sincère jaillisse de notre cœur.

Prodiguons des marques de gratitude et d’encouragement.

Et nos paroles restent gravées dans les cœurs ; elles seront répétées avec délices et chéries comme autant de trésors longtemps après que nous les aurons nous-mêmes oubliées.

Nous voici à la fin de cette deuxième série d’articles tirés du livre de Dale Carnegie : Comment se faire des amis. Et l’enseignement que l’on peut tirer de ces articles

 

PRINCIPE 2 : Complimentez honnêtement et sincèrement.